La gravure et les impressions 

LA GRAVURE

Le champ de la gravure regroupe une grande variété de techniques et de procédés.
Comment ça marche ?

Le principe est simple :

Il s’agit de creuser un support pour produire une image ou un texte (= l’estampe) en le recouvrant d’encre et en le pressant.

Deux familles de techniques sont fondamentales pour comprendre la gravure.

Commençons par :

  • La gravure en taille d’épargne

Le graveur creuse sur une plaque aux endroits qu’il ne veut pas transférer sur papier, donc en laissant intactes les parties constituant l’image. 

La plaque peut-être en bois (on parle alors de xylogravure) ou en linoléum (linogravure). Pour creuser ces supports, il utilise des outils comme des gouges ou des burins. Suite à ça, il imprime sur papier en recouvrant la plaque d’encre et en pressant la feuille dessus, manuellement ou avec une presse si il est bien équipé. 

Eh voilà la gravure réalisée !

 

Henri Matisse, dans son activité de graveur, utilisait par exemple la linogravure afin de produire des nus tout en lignes et en contrastes profonds :

Matisse, Nu au bracelet, 1940, linogravure.

 

Ces techniques de gravure ne sont pas les plus utilisées de nos jours. Malgré cela, l’appel de la taille d’épargne est quand même ressenti par quelques artistes contemporains. L’artiste graveur Camille Oarda l’utilise par exemple dans une partie de sa production :

Camille Oarda, [Cantique des Cantiques], gravure sur bois.

 

  • La gravure en taille-douce 

Elle est largement plus prisée par nos artistes contemporains. 

Contrairement à la taille d’épargne, c’est dans les creux de la plaque que vient se loger l’encre qui sera ensuite transférée sur la feuille de papier. 

Cette technique emploie généralement une plaque métallique (cuivre) et des outils (pointes sèches, burins…) ou des mordants (un acide tel que l’eau-forte) afin de la creuser. 

L’impression de la plaque recouverte d’encre sur la feuille de papier s’effectue ensuite à l’aide d’une presse taille-douce.

 

Bien avant l’invention de l’imprimante numérique, l’artiste hollandais Rembrandt avait recours à la technique de l’eau forte afin de produire ses estampes, retouchées parfois à la pointe sèche. Un grand visionnaire !

Rembrandt, Saint Jérôme lisant au pied d’un arbre, 1634. Eau-forte sur papier vergé. 

Plus récemment, l’artiste Jean Fautrier, originaire de notre bien connue Chatenay-Malabry, utilisait également les techniques de l’eau forte et de l’aquatinte pour ses gravures.

Jean Fautrier, Orénoque, Planche IX, 1942. Eau-forte et aquatinte.

Au sein de la galerie, c’est Mathilde Soussi qui utilise l’eau-forte afin de créer des estampes aux teintes grises délicates permises par la taille-douce.

Mathilde Soussi, Ciel III, 2015, eau-forte.

LES IMPRESSIONS

 

Eh non, ce n’est pas fini ! 

En plus des procédés gravés, on en compte également quelques uns qui permettent de créer des estampes sans avoir à graver quoi que ce soit.

Mais comment on fait ?

Vous avez le choix :

La lithographie (sur pierre) et la sérigraphie (sur écran de soie) qui permettent d’imprimer en transférant seulement de l’encre d’un support à une feuille de papier. 

Et l’impression monotype qui permet un seul et unique tirage (“mono”) en peignant à l’encre ou à la peinture sur une plaque au matériaux non poreux (métal, plexiglas…), puis en transférant le motif sur papier avec une presse… donc comme une gravure, mais sans gravure.

Cette technique est très appréciée dans la sphère artistique pour ses nombreux avantages plastiques et expressifs. 

Au sein de la galerie, Corinne Cesca et Danielle Burgart emploient l’impression monotype comme un parti pris du résultat artistique dans leurs œuvres.

Corinne Cesca, Lances 2020, impression monotype.

Danielle Burgart, Nid d’hiver, 2019. Impression monotype.

 

Bon, après ce flot d’informations et si vous êtes toujours parmi nous, voici quelques petites pistes pour poursuivre votre immersion :

Pour en apprendre plus sur l’estampe, le site internet de la BNF propose un catalogue très bien réalisé de l’histoire de l’estampe, des collections qu’ils possèdent et aussi des renvois vers des expositions en ligne 

👉 Par ici.

    Chaque année se tiennent aussi les Journées de l’Estampe Contemporaine à la foire de Saint Sulpice avec plus de 300 participants ! On y trouve également des démonstrations de gravure et d’impression, des ateliers et la possibilité de rencontrer les artistes.

    Une bonne occasion pour s’immerger dans le monde de la gravure et affûter son œil d’expert !

    👉 Par ici.

      Et pour les plus anglophones ou les plus aventuriers d’entre vous, la London Original Print Fair présente sur son site des expositions classées par thèmes et regroupant des œuvres plus ou moins contemporaines de collections du monde entier.

      👉 Par ici.

       

       

       

       

       

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